Cineinfinito #2: Germaine Dulac

CINEINFINITO / Cine Club Filmoteca de Cantabria
Sábado 21 de mayo de 2016, 16:30h, Filmoteca de Cantabria
Calle Bonifaz, 6
39003 Santander





























Programa:


Etude cinematographique sur une arabesque (1929) 35mm / sil
Themes et variations (1928) 35mm / sil
La coquille et le clergyman (1928) 35mm / sil


Etude cinematographique sur une arabesque (1929)



Etude cinematographique sur une arabesque (1929)

Dans l'élaboration du film, on prône d'abord l'histoire et l'on place en second plan l'image,
c'est-à-dire que l'on préfère le théâtre au cinéma. Quand le rapport sera renversé, le
cinéma commencera dès lors à vivre selon sa propre signification. Lutte de l'image prise
au sens profond de son orchestration, contre l'erreur littéraire et dramatique. Tout le
problème du cinéma est dans ce mot «visualisation». L'avenir est au film qui ne pourra se
raconter. Le septième art, celui de l'écran, c'est la profondeur rendue sensible et visuelle,
qui s'étend audessous de l'histoire, analogue à l'insaisissable musical. Cette conception
amène nécessairement à une révision des thèmes cinégraphiques. 
(Conférence, 13 octobre 1928)


Themes et variations (1928)


Themes et variations (1928)

J'évoque une danseuse! Une femme ? Non. Une ligne bondissante aux rythmes
harmonieux. J'évoque sur des voiles une projection lumineuse! Matière précise! Non.
Rythmes fluides. Les plaisirs que procure le mouvement au théâtre, pourquoi les mépriser
à l'écran ? Harmonie des lignes. Harmonie de lumière. Lignes, surfaces, volumes évoluant
directement, sans artifices d'évocations, dans la logique de leurs formes, dépouillées de
tout sens trop humain pour mieux s'élever vers l'abstraction et donner plus d'espace aux
sensations et aux rêves: le cinéma intégral.



La coquille et le clergyman (1928)





























La coquille et le clergyman (1928)

"Tout mon effort a été de rechercher dans l'action du scénario d'Antonin Artaud les points
harmoniques, et de les relier entre eux par des rythmes étudiés et composés. Tel 
par exemple le début du film où chaque expression, chaque mouvement du clergyman sont
mesurés selon le rythme des verres qui se brisent ; tel aussi la série des portes qui s'ouvrent
et se referment, et aussi le nombre des images ordonnant le sens de ces portes qui se
confondent en battements contrariés dans une mesure de 1 à 8. Il existe deux sortes de
rythmes. Le rythme de l'image, et le rythme des images, c'est-à-dire qu'un geste doit avoir
une longueur correspondant à la valeur harmonique de l'expression et dépendant du
rythme qui précède ou qui suit : rythme dans l'image. Puis rythme des images : accord de
plusieurs harmonies. Je puis dire que pas une image du Clergyman n'a été livrée au
hasard."  (« Rythme et technique », FilmLiga, 1928.)